mardi, septembre 2 2014

Mission Kavieng Alis, Premier billet

Envoyé par Laure Corbari

Dans Asterix, tous les épisodes se terminent par un banquet sous la voute étoilée. Ici, à Kavieng, c'est le deuxième leg de la campagne KAVIENG qui commence par un banquet. Bon, enfin pas tout à fait un banquet (et il n'y a pas de sanglier ☺), mais le changement d'équipe à bord de l'Alis (navire de l’IRD, utilisé pour les legs) a été l'occasion de se retrouver pour un moment de détente convivial.


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Arrivée sur l'île de Nusa en Banana Boat © J. Abdelkrim-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng


Retour sur les épisodes précédents :

30 juin 2014 : Les 35 participants à l'atelier du "Kavieng Lagoon Marine Biodiversity Survey" quittent Nago Island, d'où ils ont exploré la faune et la flore marine de ce lagon de 30.000 hectares s'étendant entre le bout de la Nouvelle-Irlande et l'ile du Nouveau-Hanovre.


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Vue aérienne de la baie de Balgai © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng


8 août : L'Alis arrive à Kavieng, la capitale de la province de Nouvelle-Irlande, après un périple extraordinaire qui, depuis la Nouvelle-Calédonie, le 25 mars, l'a emmené en Papouasie Nouvelle-Guinée puis jusqu'au Vietnam, puis ramené en Papouasie Nouvelle-Guinée pour charger à Madang les équipements et le matériel de pêche laissés par la campagne MADEEP.

11 - 25 août : L'équipe de Claude Payri conduit à bord de l'Alis, le premier leg de la campagne KAVIENG qui cible les algues, les coraux et la typologie des habitats, et complète ainsi les travaux effectués en juin dans le cadre du "Kavieng Lagoon Marine Biodiversity Survey".

26 août : L'équipe descendante (Claude Payri) et l'équipe montante (la notre) se croisent. C'est l'occasion de débriefer. C'est aussi l'occasion de marquer le coup vis à vis de tous ceux qui, à Kavieng, ont rendu possible ce programme d'expédition et facilité la logistique - scientifique, domestique et administrative -.


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Soirée sur Nuas island © J. Abdelkrim-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng


D'où cette soirée du 26 qui réunit l'équipage de l'Alis, les équipes scientifiques des deux legs, le personnel de Nago Island Mariculture and Research Facility, les opérateurs locaux de plongée, le représentant de la National Fisheries Authority, le personnel de Nusa Island Retreat qui, en juin, a assuré notre bien-être domestique, et d'autres encore. Le "Kavieng Lagoon Marine Biodiversity Survey" est davantage qu'un simple projet de recherche. Par sa dimension (plus de 40 participants de 12 pays) et sa durée (de juin à septembre), le projet est aussi un véhicule de culture scientifique et technique. Lors de l'atelier à terre à Nago, en juin, nous avons organisé des journées "portes ouvertes" et fait visiter le laboratoire aux villageois de notre zone d'étude, qui - dans un mélange de curiosité et de défiance - se demandaient ce que nous faisions chez eux.


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Habitants de Tome visitant le laboratoire © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng


Nous avions également organisé des journées pédagogiques avec les lycéens des première et terminale scientifiques de la Our Lady of the Sacred Heart international school de Kavieng, et deux de ces lycéens ont fait avec nous un stage de 10 jours pendant lequel ils ont participé au travail de terrain, au travail de laboratoire, et partagé la vie de l'équipe.


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Laure Corbarie et les élèves pour une journée au laboratoire © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng


Ces deux chanceux - Jedidiah et Zony - étaient bien sûr de la partie ce 26 août, avec leur professeure de sciences, Rachael, et le "Principal" du lycée et son adjointe. Cette soirée était en quelque sorte un avant-goût de leur rencontre avec la Nouvelle-Calédonie, puisque Jedidiah, Zony et Rachael doivent s'envoler le 15 septembre pour Nouméa, pour participer à l'édition 2014 de la Fête de la Science, où ils seront à l'honneur dans les trois villages de la Fête, à l'invitation de l'infatigable Jacqueline Sirieix et son association Symbiose. Ce 26 août, la présence de l'Alis est déjà l'occasion de faire connaitre cette Nouvelle-Calédonie à la fois si proche et si lointaine, et la composition multi-ethnique de l'équipage - composé de "métros", de kanaks, de ni-vans, de wallisiens - fait d'ailleurs forte impression sur nos hôtes.


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Ile de Nago © J. Abdelkrim-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng 


Ce 26 août, nous retrouvons donc notre cher vieux bateau, chargé jusqu'à la gueule. Le pont est en effet encombré du treuil hydrologique embarqué pour le Vietnam, et qui aurait dû être déchargé à Kavieng le temps de la mission. Seulement voilà, l'unique grue du port est en panne, et les quelques grues mobiles de travaux publics n'ont pas la capacité de décharger cet équipement de 5 tonnes. Il faudra donc organiser notre espace de travail auteur de cet encombrant treuil ; pas bien grave ! Ce 26 août, nous embarquons l'éthanol (pour les échantillons) - commandé à Singapour au mois de mars -, les perches (pour le chalut) - faites sur place à Kavieng -, et tout un assortiment de fûts, touques, et flaconnage, qui nous avions laissé à Nago Island depuis fin juin. Nous ressortons également des caisses, qui, en avril, avaient servi à la mission MADEEP, le petit matériel pour le tamisage, le tri et le laboratoire. Les pièces du puzzle sont assemblées, tout est prêt pour demain, notre premier jour de travail. Ce 26 août est notre première nuit à bord.

vendredi, août 15 2014

Expédition hauturière en Guyane à bord de l'Hermano Gines

Lettre de Philippe Bouchet :

La campagne d'exploration de la faune marine au large de la Guyane à bord de l'Hermano Gines vient de s'achever. Une fois surmontées quelques déconvenues initiales (retard du bateau, panne d'un générateur,

installation d'un échosondeur "grands fonds"), l'expédition s'est magnifiquement déroulée avec 14 jours de travail et 68 opérations réussies entre 20 et 650 mètres de profondeur. Elle a impliqué en mer 9 chercheurs et techniciens originaires de 5 pays et deux enseignants du secondaire, avec l'appui de deux capitaines de pêche, et un équipage vénézuélien de 8 hommes. Deux guyanais figuraient dans l'équipe embarquée. L'ensemble de la Zone Economique de la Guyane a été explorée, depuis la frontière maritime avec le Surinam, au nord-ouest, jusqu'à celle avec le Brésil, au sud-est.

En termes de biodiversité marine, la Guyane avait la réputation d'être d'une grande pauvreté, surtout comparée aux iles de l'arc antillais. La côte de Guyane est en effet dans le panache de l'eau déchargée par l'Amazone, une eau turbide et dessalée qui explique la faible diversité des habitats et des espèces dans les écosystèmes côtiers. Par contre, cette eau amazonienne reste très superficielle et confinée à la côte, et nos résultats montrent une faune benthique profonde "normale" pour le type d'habitats rencontrés.


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Cette image satellite en fausses couleurs montre le panache de l'Amazone, matérialisé en rouge et jaune par les fortes concentrations en chlorophylle : une branche rejoint au large le contre-courant de l'Atlantique Equatorial, tandis qu'une autre se répand le long de la côte des Guyanes jusqu'à sa rencontre avec le panache de l'Orénoque © European Space Agency


Le plateau et la pente continentale de la Guyane sont presque entièrement couverts de sédiments fins - vase ou vase sableuse -. Exception remarquable : le rebord du plateau, entre 110 et 130 mètres de profondeur, qui présente des fonds durs - sédiments consolidés et récifs d'huitres. Sur ce rebord, des blocs de conglomérat ramenés de 130 mètres de profondeur portaient des encroutements d'algues corallines : de toute évidence, suffisamment de lumière pénètre à cette profondeur malgré la turbidité de l'eau (ce sont cependant les seules algues vues pendant l'expédition !).


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Travail sur le pont du navire vénézuélien Hermano Gines © Jean-Claude Vasseur-MNHN-PNI / expédition Guyane


A chaque station, la faune est dominée par une ou un très petit nombre d'espèces - le plus souvent des oursins, des étoiles ou des ophiures, quelquefois des vers tubicoles, plus rarement des crustacés - qui constituent 98 ou 99% du volume du prélèvement. Donc une première apparence de pauvreté et de monotonie - derrière des abondances phénoménales. Mais, au deuxième abord, une diversité relativement importante d'espèces rares ou très rares - qui n'ont été vues qu'une seule fois pendant l'expédition.


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Tamisage des sédiments remontés à bord par le chalut © Cyndie Dupoux-MNHN-PNI / expédition Guyane


Quelques chiffres montrent sans équivoque le bon en avant que l'expédition aura fait faire à la connaissance de la faune marine de Guyane. Avant l'expédition, on connaissait de Guyane 57 espèces de crustacés décapodes (crabes, crevettes, pagures) ; l'expédition en a échantillonné 180. On connaissait une vingtaine d'espèces d'échinodermes (oursins, étoiles, ophiures, holothuries, comatules) ; l'expédition en a échantillonné 115 ! Chez les mollusques - mieux connus et ayant fait l'objet d'un récent guide spécifiquement consacré à la Guyane -, 100 à 200 espèces seront à ajouter aux 366 espèces déjà recensées. Des collections représentatives de brachiopodes, ascidies, bryozoaires, annélides, hydraires et éponges ont été constituées ; des branchies de plusieurs dizaines d'espèces de poissons ont été prélevées pour l'étude des parasites monogènes. Par ailleurs, la plupart des espèces échantillonnées n'ont encore jamais été séquencées et plus de mille prélèvements moléculaires ont été réalisés. Quant aux espèces nouvelles pour la science, elles relèvent encore, à ce stade, de la "présomption de découverte", mais il est probable que plusieurs dizaines d'espèces se révèleront inconnues.


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Bathynomus, un isopode géant charognard © Laure Corbari-MNHN-PNI / expédition Guyane



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Bathynomus © Gustav Paulay-MNHN-PNI / expédition Guyane


In fine, l'Hermano Gines s'est confirmé être un bon petit bateau correspondant à nos besoins ; le générateur réparé à Cayenne n'a par la suite manifesté aucune autre faiblesse. Pour un bateau de cette taille, la capacité d'embarquement, la capacité des treuils (1300 mètres par treuil) et les espaces de laboratoire offrent même un confort de travail appréciable. Le succès de l'expédition justifie donc a posteriori les efforts - budgétaires, organisationnels et institutionnels - déployés depuis un an pour préparer cette expédition "La Planète Revisitée" en Guyane. Il ne fait pas de doute que les résultats de l'expédition auront, après dépouillement, une portée géographique beaucoup plus large, de la Guyana et du Surinam à l'Amapa brésilien.

La partie côtière de l'expédition se déroulera aux Iles du Salut, fin septembre. Nous avons choisi pour cela la saison sèche sur le bassin amazonien : le débit du plus grand fleuve du monde faiblit considérablement et, à 15 kilomètres au large des côtes guyanaises, les eaux sont en principe plus "claires" ; la visibilité atteint 1 à 2 mètres - 3 à 4 mètres les bons jours -, espérons que nous aurons de la chance !


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Les participants au 2ème leg de l'expédition avec l'équipage de l'Hermano Gines
Au premier plan, les fûts d'échantillons © MNHN-PNI / expédition Guyane


samedi, juin 28 2014

Le tri au laboratoire

Pour les récoltes qui passent par la station de tamisage, l’arrivée au laboratoire de terrain se fait sous forme de 4 fractions différentes : Les très grosses, les grosses, les petites et les très petites. Ces fractions sont déposées dans différents bacs sur une grande table avec à chaque fois le numéro de la station de collecte. Maintenant que les particules ont été séparées selon leurs tailles, il faut réaliser un tri à vue afin de ne garder que ce qui nous intéresse.
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Observations des fractions avant le tri © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng


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Remplissage des bacs avec les différentes fractions © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng


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Les bacs des différentes fractions à trier © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng


Pour les grosses et très grosses fractions, le tri est réalisé à l’œil nu directement dans des cuvettes. Grâce à une pince ou avec les doigts, le tri est réalisé d’un bord à l’autre de la cuvette. Les mollusques, les crustacées, les échinodermes sont placés dans des bocaux différents.
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Le tri à vue des fractions les plus grosses © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng


Pour les fractions de plus petites tailles, un remontoir est déposé dans la cuvette afin que les mollusques puissent grimper dessus et être récoltés au pinceau.
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Remontoir pour collecter une partie des mollusques vivants © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng


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Gastéropodes qui grimpent sur le remontoir © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng


Puis le contenu des bacs de petites et très petites fractions est méticuleusement trié à la loupe binoculaire. Placés dans des petites cuves, il faut prélever à la pince fine les mollusques ou les crustacées parfois invisibles à l’œil nu.
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Tri à la loupe binoculaire © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng


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Capture des petits spécimens avec la pince fine sous loupe binoculaire © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng


Le tri des différentes fractions réalisé, les bocaux contenant les spécimens sont confiés aux équipes de spécialistes (Crustacés, Mollusques, Echinodermes, poissons) afin de recueillir un certain nombre d’informations, de les enregistrer et de les préparer pour le grand voyage vers Paris.

dimanche, juin 22 2014

Une équipe très efficace

Cette équipe est une chaîne de travail complexe où chaque personne occupe une place stratégique.
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Une partie de l'équipe de l'expédition Kavieng © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng


L'équipe :
- le responsable d’expédition qui prépare l’expédition depuis plus d’un an (gestion administrative, financière et technique)
- les collecteurs naturalistes ou spécifiques qui savent prélever les spécimens représentatifs des stations et dénicher des individus pour les espèces les plus rares
- les chargés de tri qui tamisent, trient à l’œil ou à la loupe binoculaire les collectes régulières et volumineuses avec leurs yeux de lynx
- les spécialistes des différents groupes collectés qui référencent les spécimens, informatisent les données et orientent les collectes suivantes en fonction des résultats
- les photographes qui immortalisent les formes et les couleurs des spécimens des futures collections
- les barcodeurs qui prélèvent des morceaux de tissus afin de pouvoir séquencer certains gènes après l’expédition

mais aussi :
- les cuisinières et tout le personnel qui nous aident pour les tâches hebdomadaires
- l’ambassadeur de France en Papouasie-Nouvelle-Guinée
- les représentants des administrations locales
- le personnel de la "National Fisheries Authority"

Sans oublier notre chef d’expédition qui fait tourner ce mécanisme en évitant les grains de sable !
Afin de pouvoir accomplir cette mission d’inventaire en un temps record, les personnes de l’équipe doivent être le plus polyvalentes possible.

lundi, juin 16 2014

Les collectes en bateau

La zone de prospection de l’expédition Kavieng comprenant de multiples milieux de vie, il faut utiliser le bateau afin d’accéder aux milieux plus profonds ou trop éloignés du laboratoire.
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Carte marine de la région de Kavieng, en rouge, la zone de prospection de l'expédition


Les plongeurs collecteurs ont à leur disposition des banana-boat et le PNGExplorer.
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Banana-boat des plongeurs © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng



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Le pont inférieur du PNGExplorer © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng


Avec plusieurs plongées par jour, entre 2 et 40 mètres de profondeur, la dizaine de plongeurs collecteurs réalise les collectes de différentes manières :

- Collecte à vue : en se déplaçant lentement sur le fond, le plongeur cherche des indices de présence (traces laissées dans le sédiment, mouvements, formes ou couleurs suspectes…). Ce n’est pas donné à tout le monde de défier les pièges du mimétisme. Les collecteurs présents sur l’expédition sont soit des spécialistes de certains taxons, leurs connaissances poussées des habitudes de leurs sujets d’études les aident, soit de fins museaux qui ont le don pour trouver les formes de vie les plus diverses dans ces environnements.
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Collecte à vue en plongée durant la nuit © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng


- Collecte par brossage : les plongeurs descendent avec un double panier et un filet qui vient se mettre dedans. Grâce à une brosse, ils détachent les particules et les êtres vivants fixés sur des coquilles, des roches, des bouts de bois. Une fois le brossage terminé, un ballon d’air attaché au panier est gonflé afin d’assurer l’ascension de celui-ci. A la surface il faut récupérer le panier, le hisser dans le bateau et l’envoyer au labo pour faire le tri.
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Paniers de brossage pour collecter les petits êtres vivants en brossant le substrat dur © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng


- Collecte par suceuse : les plongeurs emportent avec eux un aspirateur à sédiment. Le principe est simple, dans un morceau de tuyau PVC d’environ 2 m, une arrivée d’air alimentée par 2 bouteilles d’air comprimé, crée l’aspiration dans le tuyau. L’air, l’eau et les sédiments montent dans le tube, à la sortie, un filet piège les particules tout en laissant passer l’eau et l’air. Le filet et son contenu sont ensuite envoyés au labo pour un tri méticuleux.

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Aspiration des sédiments grâce à la suceuse © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng


Une petite drague est tirée par un banana-boat afin de récolter les gros éléments présents dans les sédiments. Cette petite drague peut être utilisée jusqu’à 150 m de fond. Elle permet de collecter sur des fonds non accessibles aux plongeurs et complète les collectes afin de couvrir toute la zone de prospection.
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Retour d'une collecte par dragage © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng


Les collectes côtières

Afin de pouvoir faire de la recherche sur les représentants d’une famille ou d’un genre, les chercheurs ont besoin d’un grand nombre de spécimens. Les campagnes de terrain permettent d’enrichir les collections mais aussi de mieux connaître l’évolution des populations des environnements.
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Zoothèque du MNHN © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng


Une fois sur le terrain, il faut user de différentes méthodes afin de collecter efficacement et de façon représentative, les êtres vivants d’un environnement. Dans le cadre de notre expédition, nous nous intéressons à la « biodiversité négligée », c’est-à-dire les taxons d’êtres vivants de petites tailles, d’intérêts économiques et esthétiques n’ayant pas souvent attirés l’attention sur eux.
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Portunidae  © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng



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Ovulidé sur alcyonaire © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng


Sur l’expédition Kavieng, les espèces de petite taille sont également collectées grâce à nos méthodes. Dans ce premier billet, seules les collectes à partir de la côte seront abordées. Un second billet présentera les collectes en mer. Les sorties sont planifiées en fonction de la table des marées pour collecter au moment de la marée basse.
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Table des marées de Kavieng origine : "Windfinder"


Une équipe qui part en marée de jour ou de nuit, réalise les collectes à vue en parcourant l’estran (zone de balancement des marées). Beaucoup d’animaux sont capturés dans les flaques ou sous les pierres, une petite épuisette, un couteau, une pince fine… permettent de les attraper dans l’eau ou de les décrocher des pierres.
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Collecte sous les pierres du platier  © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng


Afin de collecter les animaux les plus petits, le dessous de certaines pierres est frotté à la brosse, le tri sera réalisé au laboratoire de terrain. Avec cette méthode, il est possible de trouver sous la loupe binoculaire des spécimens difficilement visibles à l’œil nu.
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Brossage des roches pour recueillir les petits êtres vivants © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng


Quand l’estran est vaseux, il est plus difficile de trouver les animaux enfouis plus ou moins profondément. Une visite aux pêcheurs locaux permet d’expliquer notre présence afin de nous faire accepter dans leurs zones de pêche, c’est aussi l’occasion d’apprendre des techniques de pêche locales pour améliorer les collectes.
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Discussions avec le chef de l'île de Limonak © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng


Dans la mangrove, les mollusques sont souvent sur les racines des palétuviers. Certains, comme les huîtres, sont bien fixés et il faut les décoller au couteau sans casser une valve. Les crustacés sont dans des trous et il est plus difficile de les attraper.
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Collecte d'huîtres sur les racines de palétuviers © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng


Dans les zones plus sableuses, un tamis permet de trouver les animaux qui vivent enfouis dans le sable. Il faut alors tamiser à différentes profondeurs d’eau afin de récolter le plus possible d’espèces.
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Tamisage du sable © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng


L’utilisation du masque est indispensable s’il y a trop d’eau ou si le vent crée des vaguelettes. Certaines collectes se font de nuit si la marée le permet. C’est l’occasion de prélever les espèces ayant une activité exclusivement nocturne.

mercredi, juin 11 2014

La petite installation de l’expédition en Nouvelle-Irlande

Tous les ingrédients sont là pour réussir une bonne expédition : la structure d’accueil bien adaptée, le matériel, les spécialistes des bestioles collectées, les collecteurs dotés de bon nez, les cuisinières locales talentueuses, un chef d’expédition au mieux de sa forme, mais surtout un lagon et une mangrove riches. Conus geographus

L'île de Nago © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng


Sur l’île de Nago à 5 minutes de bateau de Kavieng, l’équipe de La Planète Revisitée bénéficie des locaux et de la logistique de la "National Fisheries Authority": Conus geographus

L'arrivée sur l'île de Nago © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng


Le ponton de l’île, qui nous permet de charger et décharger le matériel mais c’est aussi l’endroit où nous avons monté la station de tri par tamisage. Conus geographus

Le ponton de l'île © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng


La station d’aquaculture où le laboratoire est installé avec de gros ventilateurs afin de rendre les 35° ambiants acceptables.

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Le laboratoire de terrain © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng


Le local de plongée de la "fisheries" avec tout l’équipement nécessaire pour plusieurs plongées par jours.

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Le local de plongée © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng


Les banana-boats de la "Fisheries", petits bateaux rapides avec peu de tirant d’eau, idéals pour les déplacements et les collectes en récif, mangrove ou plage.

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Reconnaissance pour les marées des jours à venir © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng


Le véhicule de la "Fisheries", un 4*4 pick up pouvant contenir toute une équipe de collecte de marée.

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Départ pour une collecte de marée basse au nord de Kavieng © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng

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